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Azerbaïdjan-Arménie : au-delà des idées reçues

Dernière mise à jour : 29 sept. 2023



Fénelon écrivait dans son ouvrage « Dialogue des morts » que « La guerre est un mal qui déshonore l’humanité ».

Il est indéniable que la guerre, ce fléau qui ravage l’humanité, sème la désolation. Plus une confrontation perdure dans le temps , plus elle nourrit l’animosité entre les nations impliquées, rendant la restauration de la confiance entre les belligérants d’autant plus ardue. Alors que le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie atteint déjà le triste anniversaire de son centenaire, il est difficile d’imaginer les tourments endurés par ces deux peuples, chacun ayant sa part de souffrances à porter.


J'entends et je lis des allégations selon lesquels l’Azerbaïdjan commet un génocide envers les Arméniens. Comme le soulignait Albert Camus, "Mal expliquer les choses, c'est ajouter au malheur du monde". Il est essentiel de comprendre que le terme "génocide" a été introduit pour la première fois par l'avocat polonais Raphaël Lemkin en 1944, dans son ouvrage intitulé "Axis Rule in Occupied Europe". Il se compose du grec "genos", signifiant "race" ou "tribu", associé au latin "cide", qui signifie "tuer". Raphaël Lemkin a créé ce terme afin de qualifier non seulement les politiques d'extermination systématique menées par les nazis contre le peuple juif pendant l'Holocauste, mais également d'autres actions ciblées visant à détruire des groupes spécifiques d’individus par le passé. Ainsi, il est indiscutable que les Arméniens ont été victimes d'un génocide en 1915, et cela doit être reconnu par tous. Cependant, il est tout aussi crucial de reconnaître d'autres tragédies, y compris celles touchant les Azerbaïdjanais, sous le même prisme de la compréhension et de la justice.


Il est indéniable que les Azéris ont été cruellement touchés par des assassinats et des meurtres, tout cela parce qu’ils étaient Azéris. Plongeons dans cette période méconnue de l’histoire qui nous permettra de mieux comprendre la situation actuelle.


31 mars 1918, massacre des azerbaidjanais


En 1918, Lénine nomma Stepan Chaoumian comme commissaire extraordinaire à Bakou. Le 31 mars de cette année , pendant trois jours, les azerbaidjanais furent massacrés .

Un Allemand nommé Kulne a décrit les événements de Bakou : «Les Arméniens prenaient d’assaut des quartiers musulmans (Azerbaïdjanais) et tuaient tous les habitants et les perçaient avec leurs baïonnettes. Quelques jours plus tard, les cadavres de 87 Azerbaïdjanais avaient été déterrés d’une fosse. Les corps éventrés, les nez coupés, les organes génitaux mutilés. Les Arméniens n’avaient eu de pitié ni pour les enfants, ni pour les adultes».


Lors du massacre de mars, dans un seul quartier de Bakou ont été retrouvés les cadavres de 57 femmes azerbaïdjanaises avec les oreilles et les nez coupés, les ventres déchirés. Les jeunes filles et femmes avaient été clouées au mur, l’hôpital de ville où 2 000 personnes tentaient d’échapper aux attaques, a été incendié.


La déportation des Azerbaïdjanais de l'Arménie en 1948-1953

En décembre 1947, les dirigeants communistes de l'Arménie adressèrent une lettre à Staline. Dans celle-ci, ils convinrent de déplacer 130 000 Azerbaïdjanais d'Arménie vers l'Azerbaïdjan, créant ainsi des postes vacants pour les Arméniens venant de l'étranger en Arménie. Les détails de cette déportation furent également précisés dans le décret du Conseil des ministres de l'URSS numéro 754. Il était prévu de déporter environ 100 000 personnes vers la plaine de Kura-Aras (République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan) en trois étapes : 10 000 en 1948, 40 000 en 1949 et 50 000 en 1950




La déportation des Azerbaïdjanais de l’Arménie de 1988-1989

En janvier 1988, sous l'égide des dirigeants de l'URSS, plus de 250 000 Azerbaïdjanais et 18000 Kurdes furent expulsés de leurs terres ancestrales. Le 7 décembre de cette même année, un terrible tremblement de terre frappa la région. Les villageois azéris furent évacués vers l'Azerbaïdjan et réclamèrent tout au long de l'année 1989 le droit au retour et l'indemnisation des biens perdus lors de la catastrophe. Cependant, les autorités de Spitak et d'Erevan contestèrent aux Azéris leur qualité de doubles victimes, estimant qu'ils avaient quitté Spitak de leur propre gré.


Les massacres de 1992

Le Massacre de Khodjaly: Le 25 et 26 février 1992, pendant la guerre du Haut-Karabakh, des forces arméniennes attaquèrent la ville de Khodjaly, qui était principalement peuplée d'Azeris. Le siège de la ville a abouti à la mort de centaines de civils azerbaïdjanais, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées. Ce massacre a été largement condamné par la communauté internationale

Le massacre de Garadaghly : En février 1992, les forces arméniennes ont attaqué le village de Garadaghly, situé en dehors du Haut-Karabakh, et ont tué de nombreux civils azerbaïdjanais.

Le Massacre de Maragha : En avril 1992, des forces arméniennes ont attaqué le village de Maragha, situé dans le Haut-Karabakh, et ont tué plusieurs dizaines de civils




Désormais, avec une meilleure connaissance de l'histoire, il nous est plus aisé de comprendre la situation actuelle.


Suite à des attaques contre elles ainsi que contre des civils, les forces armées de l'Azerbaïdjan ont lancé une attaque le 19 septembre dernier visant les forces arméniennes dans le Karabakh. Le lendemain, l'Arménie a refusé d'envoyer des soldats dans la région pour contre-attaquer, ce qui révèle certaines dissensions au sein de l'Arménie. En effet, l'Arménie dispose de deux gouvernements distincts : le gouvernement central d'Erevan, élu par le peuple, et celui du Karabakh, soutenu par les oligarques russes.


Le Premier ministre du gouvernement central Nikol Pachinian exprime depuis un certain temps sa volonté de se rapprocher des Etats-Unis et entretient des négociations avec le Gouvernement de Bakou depuis plus d’un an. Il y a quelques semaines, Nikol Pachinian a annoncé son intention de reconnaitre la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur le Karabagh.



Le 6 septembre dernier, le monde découvre une photo d'Anna Hakobyan, l'épouse du Premier ministre arménien, arborant un sourire radieux tout en serrant la main de Volodymyr Zelensky. Madame Hakobyan se trouvait à Kiev à l'invitation de la femme du président ukrainien, Olena Zelenska, pour participer au sommet annuel des premières dames et des conjoints, consacré à la santé mentale. À l'occasion de sa première visite dans la capitale ukrainienne, Anna Hakobyan a officialisé la livraison, pour la première fois depuis l'invasion russe en février 2022, d'une aide humanitaire de l'Arménie à l'Ukraine. Bien que modeste – un millier d'appareils numériques pour les écoliers –, cette assistance revêt une grande valeur symbolique



Le Gouvernement du Karabakh, soutenu, comme nous le savons, par Poutine et les oligarques russes, ne souhaite ni se rapprocher des Etats-Unis ni de l’Ukraine. Par conséquent, dès le 19 septembre dernier , il a tenté de mener un coup d’état pour destituer Pachinian


La paix dans le Caucase revêt une importance majeure pour plusieurs raisons :


Stabilité régionale : Le Caucase est une région géopolitiquement complexe, où plusieurs pays se trouvent à proximité les uns des autres, y compris la Russie, la Turquie, l'Iran, l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Les conflits dans cette région peuvent avoir des répercussions déstabilisantes au-delà de ses frontières.

Energie : Le Caucase est une région clé pour le transport d'énergie, en particulier de pétrole et de gaz naturel. Les pipelines traversent la région, acheminant ces ressources vers l'Europe et d'autres marchés internationaux. Tout conflit ou instabilité dans la région peut perturber l'approvisionnement en énergie, avec des conséquences économiques et géopolitiques importantes

Stabilité européenne : L'instabilité dans le Caucase peut avoir des répercussions sur la sécurité de l'Europe. Les conflits armés ou les crises humanitaires dans cette région peuvent provoquer des mouvements de réfugiés, des tensions entre les pays voisins de l'Europe et une perturbation des voies d'approvisionnement en énergie, facteurs qui peuvent affecter la sécurité et la stabilité du continent.



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